jeudi 28 avril 2011

Petite astuce enfants "mordeurs"

Ces derniers temps au Relais, lors des temps collectifs, nous avons eu la visite d’une formatrice québécoise  Denise Bricault venue pour effectuer une étude sur les professionnels de l’accueil individuel en France.  

Le but de l’opération était d’observer la façon dont notre travail était organisé, ainsi que d'en apprendre un peu plus sur les formations que nous recevons ici. J’ai d’ailleurs appris qu’au Québec, les « responsables de garde en milieu familial » autrement dit les assistantes maternelles de là-bas ne bénéficiaient que de 45 h de formation et qu’elles accueillaient jusqu’à 6 enfants (qui peuvent avoir jusqu’à 5 ans puisqu’il n’y a pas d’écoles maternelles au Québec). 

C’était une personne charmante, passionnée par son travail, auteur d’un ouvrage intitulé « L’enfant au cœur de nos actions » traitant de l’accueil individuel mais malheureusement introuvable en France.

Lors d’un temps collectif, la conversation a tourné autour du problème de ces petits razmokets qui ont une fâcheuse tendance à vérifier la puissance de leurs mâchoires sur l’avant-bras, la joue ou autre partie charnue de l’anatomie d'un congénère.

Je m’étais déjà intéressée au problème pour avoir vu le cas chez une collègue, et je m’étais d’ailleurs permis de recopier quelques pages du livre "Paroles de tout-petits" de Graciela C. Crespin dont un chapitre traitait du cas des enfants « mordeurs » (oui je sais c’est pas bien de recopier mais d’un autre côté ça lui fait de la pub et en plus ce n’était qu’une toute petite partie). Vous trouverez le « copitage » en question dans les dossiers du site ici :


A l’époque j’avais cherché des solutions un peu partout sur le net. Pas de recettes miracles évidemment !! On vous explique le phénomène en vous rassurant, en vous disant que non, vous n’hébergez pas forcément le futur Hannibal Lecter, que c’est assez courant et presque « normal » mais au final  vous restez avec votre problème sur les bras. (comme sur ce lien par exemple).

Denise nous a alors fait part de son expérience en nous relatant un cas qu’elle avait eu à traiter dans un service de garde. C’était un petit garçon qui mordait sans arrêt avec une violence imprévisible. Il s’attaquait aussi bien à ses pairs qu’aux adultes. Denise nous a même avoué qu’elle en avait été personnellement victime et qu’elle s’était fait « croquer une fesse » !!  

Afin d’enrayer le problème, elle a eu l’idée suivante. Elle a découpé des petits bouts de cartons épais et plusieurs fois par jour, avant même que l’enfant ne commette le « délit », elle lui proposait un petit jeu. Elle donnait un carton à l’enfant, en gardait un pour elle-même et demandait au petit de mordre dedans de toutes ses forces. Elle-même le faisait aussi. Ils en parlaient tous les deux, longuement, tout en regardant  les marques laissées par les dents sur le carton. L’un des buts de l’opération était alors d’arriver à libérer toute l’agressivité contenue dans les mâchoires du petit pour qu’il n’ait plus envie de le faire sur les copains. L’opération était renouvelée plusieurs fois par jour. Au bout de trois jours à ce même régime, l’enfant n’a plus jamais remordu. Son besoin avait été pris en compte. Il s’était sans doute senti compris.

Denise a bien sûr attiré notre attention sur le fait que ce qui a marché pour cet enfant ne marchera pas forcément sur tout le monde ! Mais proposer à l’enfant un objet de substitution pour qu’il le morde à la place d’un autre enfant est souvent une solution. On peut proposer un coussin ou une poupée, mais le mieux est encore que l’enfant dispose de cet objet sur lui pour ne pas avoir à différer le besoin de mordre quand il arrive. On peut alors lui accrocher une petite peluche aux vêtements ou autour du poignet. Par l’observation de l’enfant, il faut arriver à trouver l’objet qui « fonctionnera » pour votre petit mordeur.

Je devrais me procurer l’ouvrage de Denise Bricault, très prochainement. Je vous en reparlerai sûrement.

Ps : l’illustration signée Agathe Henning est tirée du blog Saperlipopette.romandie.com où vous trouverez un autre article sur la question.



samedi 23 avril 2011

Plateau "Vie Pratique" Montessori : je verse de l'eau

Voici une petite activité dans le style des plateaux Montessori que j’ai bien failli ne pas vous présenter. J’étais même à deux doigts de ne pas la proposer aux enfants. Ce n’est peut être pas la peine que je vous l’explique en détail. Cette activité vous la retrouverez sur tous les blogs qui causent Montessori (mais pas avec les verres à liqueur de Feu Tonton Roger s’il vous plaît !!!)



Pour résumer quand même, il s’agit de proposer à l’enfant un plateau avec une petite carafe et des verres, et de lui donner pour mission de faire des "versés" le plus délicatement possible. Afin qu’il puisse réparer lui-même ses erreurs, vous lui fournissez aussi une petite éponge à sa taille, pour essuyer le plateau si toutefois il y a des ratés. Pour inciter l’enfant à faire attention à ce qu’il fait, les verres sont volontairement cassables (l’activité perdrait de son intérêt si on utilisait des ustensiles en plastique ou des jouets). Je n’avais pas sous la main de carafe adaptée aux mains des petits : nous avons donc pris un petit pichet doseur en plastique mais normalement, il aurait sans doute été plus judicieux de prendre une petite carafe en verre ou en terre cuite car elle aurait été un peu plus lourde et les petites mains auraient d’autant plus travaillé, l’un des buts de cet exercice étant de muscler les poignets, les mains et les doigts pour les préparer à l’écriture.



Si j’ai failli la zapper cette activité, c’est qu’il n’y a pas très longtemps, je suis tombée sur un article dans le blog d’une maman qui s’intéresse aux activités Montessori mais qui ne comprenait pas trop l’intérêt des plateaux découlant de gestes de la « vie quotidienne ». Pour résumer sa pensée, elle trouvait plus intéressant de proposer à sa fille un petit pichet lors des repas eux-mêmes et de la laisser se servir seule. Elle trouvait cela plus ludique et plus convivial. J’avoue qu’elle a bien failli me convaincre, d’autant plus que moi aussi, depuis ma dernière réunion Pikler sur les repas, je propose aux enfants de se servir eux même à boire et ils adorent ça. Ils s’en sortent plutôt bien et on pourrait penser que cela aura les mêmes effets.

Là, je vais faire un petit hors sujet pour intégrer une remarque ; depuis que je leur propose cela, ils boivent beaucoup plus qu’avant et du coup, j’ai repensé à une discussion que nous avions eu sur le forum, un jour de grosse chaleur, où quelqu’un demandait des conseils pour inciter les enfants à boire. A l’époque je n’avais pas vraiment su répondre, maintenant je saurai ! Il suffit de les laisser se servir.

Voila je referme la parenthèse pour en revenir à mon plateau. Cette maman, donc, m’avait un peu fait douter. Mais après réflexion, je me suis dit que les deux choses n’avaient rien à voir. Si certes le geste semblait le même, le but était différent. En effet, il ne s’agit pas seulement d’apprendre à se servir à boire. Il s’agit surtout d’apprendre à se concentrer sur un exercice précis et de maîtriser le geste par la répétition. La concentration ça s’exerce et ça peut commencer tôt. J’ai perdu l’adresse de ce blog (je sais, c’est ballot) et je n’avais pas eu le temps de lire les nombreuses réponses postées (oui je sais, c’est encore plus ballot), mais il me semble que c’est un peu comme si on disait que les lignes d’écriture qu’on fait faire aux enfants qui apprennent à écrire ne servaient à rien puisque l’enfant dessine des O et des I à l’intérieur de ses dessins. Pourquoi lui faire faire des lignes de I et de O alors qu’on peut lui faire dessiner un bonhomme : c’est plus convivial un bonhomme non ? Et c’est plein de ronds et de traits !! Bon, bien sûr j’exagère mais c’était pour « imager » mon propos. L'enfant ne se concentre pas forcément quand il se sert à boire à table.

Pour en revenir à mon plateau, l’activité s’est déroulée dans le calme absolu, l’enfant ayant bien intégré le fait qu’il utilisait des choses fragiles (les verres à liqueur de Feu tonton Roger). Je l’ai stoppé quand j’ai vu que sa concentration diminuait et qu’il trouvait plus intéressant de s’amuser à déborder pour avoir le plaisir d’utiliser l’éponge. Je lui ai alors expliqué que je lui proposerai de « patouiller » avec de l’eau et la dînette un autre jour mais que là, ce n’était pas le but de l’activité.

mercredi 20 avril 2011

Notre bricolage de Pâques

Petit problème niveau CM1 :

Soit une famille de 5 personnes comportant 2 adultes et 3 grands enfants normalement constitués. Considérant le fait que 47 semaines par an, ladite famille est renforcée par 3 pièces rapportées tout aussi normalement constituées, qui maîtrisent à la perfection (ou presque) l’utilisation du pot depuis 2 mois, calculez le nombre de rouleaux de Papier Toilette que cette famille va consommer par trimestre. L’usage de la calculatrice est exceptionnellement autorisé ; un point supplémentaire sera accordé à toute personne ayant intégré le facteur G comme gastro dans ses calculs !!!

Résultat : BEAUCOUP, ÉNORMÉMENT !!

Bon tout ça pour vous dire qu’on a encore utilisé des carcasses de Papier Toilette pour notre bricolage de Pâques. Autant que ça serve, avouez que ça nous fait un support pas cher !! Et puis au niveau manipulation, j’aime bien parce que contrairement à une surface plane, ça oblige les enfants à se servir des deux mains et à trouver des astuces pour remplir l'objet  correctement. 

Faut que je vous explique ? C’est simple : une séance peinture, une séance collage. 

Au cours de la séance peinture, les trolls ont peint les rouleaux pour faire le corps des poussins (oui, ce sont des poussins, vous aviez reconnu quand même ?). De la même couleur, nous avons aussi peint des feuilles afin d’y découper des ailes. Ensuite on a appris comment faire de l’Orange à partir du Jaune pour réaliser les pattes et les becs. 

Lors de la deuxième séance, les enfants ont collé les divers éléments préalablement découpés par mes soins. Un petit nid rempli d’herbe a été réalisé dans une assiette en carton et du papier crépon. Et comme Pâques c’est la fête du chocolat, Nounou a rajouté des œufs en chocolat pendant la sieste ! Et voila.






Vous remarquerez que pour une fois, j’ai terminé mon article dans les temps, pour pouvoir vous le proposer avant la fête !!!!

Joyeuses Pâques !!



PS : Vous trouverez d'autres idées pascales ici : http://professionassmat.free.fr/paques.htm


mardi 12 avril 2011

Réunion Pikler : Le temps du repas, temps de plaisir et de communication.

Jeudi 7 avril a eu lieu une soirée débat de l’association Pikler loczy de France dont le thème était :


Le temps du repas, temps de plaisir et de communication.

J’y étais bien sûr, calepin en main, et cette fois c’est Michèle Célarié qui menait les débats. Je vais commencer par vous la présenter sommairement car tout comme Sylvie Lavergne qui officie habituellement lors de ces soirées, son dynamisme, son implication, et son envie de transmettre son savoir et ses convictions ont enchanté l’assistance, composée ce soir là de personnes venant d’accueils collectifs, d’assistantes maternelles, d’étudiants et …. d’une maman !!

Michèle Célarié est donc une psychomotricienne désormais à la retraite. Elle a travaillé principalement dans des Centres Médico Psychopédagogiques en tant que thérapeute et parallèlement elle a enseigné dans une école d’éducateurs de jeunes enfants. C’est d’ailleurs, lorsqu’elle partait en visites de stage pour ses élèves qu’elle a pu observer et voir évoluer les tout petits dans des lieux d’accueil collectif. Depuis qu’elle n’est plus en activité, elle a rejoint les rangs des formateurs de l’association Pikler.

Nous avons donc débattu toute la soirée des repas qui doivent être un temps de plaisir amenant un sentiment de bien être profond. Il ne faut pas oublier que pour un bébé, avoir faim est une douleur. Il convient donc d’apaiser cette douleur dans la convivialité pour en faire un moment de bonheur. Il en sera reconnaissant. Mais pour cela il faut que certaines conditions soient réunies. On devra répondre à des besoins fondamentaux quelque soit l’âge de l’enfant.

I Le besoin de sécurité matérielle et affective

Le premier, c’est le besoin de sécurité matérielle et affective. Si il n’est pas en sécurité, l’enfant ne mange pas. Et pour cela il lui faut différents repères.

1° Tout d’abord, il lui faut un repère de personne. Il est important que ce soit toujours la même personne qui lui donne à manger (bien sûr, ce problème se pose moins chez une assistante maternelle) Plus l’enfant est petit plus c’est important car en grandissant il sera capable de lui-même de se diriger vers une autre personne pour trouver la sécurité.

2° Il lui faut aussi un repère dans l’espace. Il doit toujours savoir où il est. La première année, le repas doit toujours être donné sur les genoux en prenant garde de faire toujours les mêmes choses au même endroit dans le même fauteuil. Quand il est en âge de manger à table (quand il sait s’asseoir tout seul) il doit avoir une place à table avec une négociation possible si l’enfant veut changer de place. Quand dans un multi-accueil, un enfant ne vient pas régulièrement, la priorité doit être donnée à celui qui est là tout le temps. Il n’est pas question de lui dire « aujourd’hui, tu prêtes ta place au copain » car le petit enfant n’est pas encore dans la compréhension du prêt ou du partage.

3° Le repère dans le temps est aussi très important. Comme la gestion du temps vient en dernier dans les repères des enfants, il faut lui permettre de matérialiser le temps en lui donnant des repères dans la matinée. C’est très important ; la première année par exemple, le temps du repas est le seul moment d’intimité long que le bébé passe avec nous. Il faut alors établir un tour de rôle, tour de rôle qui doit être élaboré après une observation minutieuse pendant le temps d’adaptation. On fera toujours manger les enfants dans le même ordre. Beaucoup d’avantages peuvent découler de cette façon de faire. Pour l’enfant, il peut ainsi anticiper. Pour nous, cela évite la culpabilisation qui peut arriver si deux enfants pleurent en même temps. On est capable d’expliquer à l’enfant que son tour viendra comme d’habitude alors qu’on peut avoir le sentiment de ne pas avoir commencé par le « bon » si les enfants ne sont pas listés.

II Les besoins physiologiques
De même que l’enfant a besoin de respirer, boire, dormir, il a besoin de manger. Ceci sera vécu de façon différente selon les personnes. Chacun aura une perception très personnelle en lien avec sa propre histoire. Il y aura un travail d’observation à faire devant un enfant qui ne mange pas.

III les besoins sociaux

On parle de socialisation primaire quand l’enfant est dans sa famille élargie. On parlera de socialisation secondaire quand il s’agira de celle qu’il trouvera avec nous (« accueillants », mais aussi avec ses pairs, les autres enfants).

Quelque soit le lieu d’accueil, on doit penser que l’enfant est un individu. Le temps du repas est un temps privilégié pour s’adresser à chacun : le nommer, lui parler de sa vie, ne pas se contenter de lui donner des ordres. C’est très important car de la qualité de la vie collective qu’on donne aux enfants va dépendre la qualité de sa vie sociale future. Pour les plus âgés, distribuer, donner, participer, c’est de la socialisation.

IV Le besoin d’être actif
La psychomotricité, c’est le lien entre l’intention et l’action : les enfants vont mettre en actes leurs intentions. C’est cela être actif. Mais pour permettre cela, il faut que les bonnes conditions soient réunies.

1° le cadre

Tout d’abord il faut un cadre adéquat. Pour un tout petit, le biberon étant donné dans les bras, nous devons nous installer dans un endroit protégé. Si l’adulte est bien installé, le biberon sera donné dans de bonnes conditions. Il faudra créer les conditions pour être tranquille avec le bébé en s’isolant des plus grands. On peut par exemple occuper les grands avec des jeux spécifiques que l'on sortira exclusivement à ces moments là.

Pour les plus grands, il faudra une table à la bonne hauteur. L’enfant doit avoir les pieds qui touchent le sol. On choisira plutôt un tabouret et dans tous les cas, jamais de chaises avec des accoudoirs car l’enfant ne peut pas s’y asseoir seul. En tant qu’adulte nous préférons souvent nous asseoir sur une chaise car nous souffrons souvent du dos, mais l’enfant lui n’a pas ce problème. Chez « Pikler » on n’est pas favorable à la chaise haute car l’enfant est piégé dedans. Si on pense que c’est important qu’il soit actif, on doit lui donner les moyens d’être autonome, de gérer son repas. Mais nous devons toutefois faire attention à la fausse autonomie. Ce n’est pas parce qu’un enfant arrive à manger tout seul un jour, qu’il le fera tout le temps. Il faut lui donner la possibilité d’un retour en arrière. Il faudra l’accompagner plutôt que l’aider. On n’utilisera pas plus le transat (qui peut à la rigueur être un lieu de passage mais jamais un lieu de séjour). Dans un transat, l’enfant n’a pas les moyens de vous envoyer un signal pour vous dire qu’il n’en veut plus (il ne peut pas bouger les bras, ni reculer la tête). Le repas sera donc pris sur les genoux jusqu’à ce que l’enfant puisse s’asseoir seul. Lorsqu’il passe à table, l’adulte doit lui aussi être assis, toujours à une longueur de bras de l’enfant.

2° Les instruments

Pour un bébé, en ce qui concerne le biberon, on va prendre soin de le tenir près du fond, pour laisser à l’enfant la possibilité de positionner lui aussi ses mains dessus et le repousser quand il n’a plus faim. Ainsi même le tout petit est actif.

Pour les plus grands, on va utiliser :

- des verres transparents afin qu’il voit ce qu’il y a dedans. C’est l’adaptation oculo-manuelle très importante pour le développement psychomoteur. Ils doivent être adaptés à la main de l’enfant (pas trop gros). Une personne dans l’assistance nous a conseillé un modèle de chez nos amis les suédois (sont forts ces suédois) mais en cherchant bien chez Duralex il doit y avoir les mêmes !! Michèle Célarié nous a précisé qu’elle en avait vu de très bien dans une collectivité et qu’il s’agissait de verres à vin blanc ;

- des assiettes creuses pour que l’enfant puisse remonter le long des bords ;

- des cuillères normales en métal, surtout pas tordues et pas « molles » (c’est inutile).

Il faut bien se rappeler que de la façon dont ils tiennent les instruments va dépendre la façon dont ils tiendront leur stylo plus tard. D’ailleurs on notera qu’on ne se sert pas de verres avec bec et anses. D’abord, ils sont souvent opaques et en plus ils font réaliser à l’enfant un « faux geste » qu’il ne retrouvera pas plus tard. On ne tient pas un vrai verre comme on tient ce genre de matériel. Cela ne sert donc à rien.

3° le contenu

Pour ce qui est du biberon, il ne faut mettre que du lait à l’intérieur pour que le bébé puisse anticiper ce qu’il va boire. Il ne faut pas de changement de goût. Cela participe à la mise en place de son sens gnosique : le fait de reconnaître un objet et d’en saisir la signification. Il est d’ailleurs conseillé lorsque l’on doit donner un médicament par exemple, de se servir d’un autre biberon très différent.

Pour le contenu des assiettes, il faut faire attention aux quantités : toujours en mettre peu. L’enfant aura ainsi la fierté de finir. On note d’ailleurs que si l’on en met trop, cela peut décourager l’enfant qui ne touchera même pas son plat. Il faut faire attention à ne pas mettre le contenu de l’assiette à la poubelle devant l’enfant (penser alors au message que l’on véhicule en faisant ce geste). Lorsqu’un enfant ne veut pas d’un plat, il vaut mieux ne pas insister, proposer aux autres enfants, et revenir ensuite au premier qui prendra peut être exemple sur les copains.

La soirée s’est terminée sur de nombreuses questions, notamment sur l’ordre des aliments, la présentation des plateaux repas….. mais je ne vais pas tout vous raconter. Je préfère que vous  participiez à une des réunions pour vous rendre compte par vous-même. Bon, c’est vrai, il n'y en a pas partout !!! Mais renseignez vous quand même, on ne sait jamais :


(Illustration : Klara Pap, tirée du livre Repas Repos de Maria Majoros et Anna Tardos)