mardi 27 décembre 2011

Motricité libre du tout petit : "The vidéo"

Grande découverte ce matin .... encore grâce à Mr Facebook, j'ai enfin mis la main (heu enfin les yeux pour être plus précise) sur une petite vidéo explicative,claire, simple, ne datant pas du siècle dernier, vous montrant en images tous les mérites de la motricité libre prônée par Emmi Pikler. 

Pas besoin de faire tout un discours : regardez, écoutez.... Si vous n'avez encore qu'une vague idée de ce que peut être la motricité libre, si vous doutez encore de ses bienfaits, si je ne vous ai pas encore convaincus, ces quelques images qui bougent devraient y arriver ! Franchement, si vous ne craquez pas devant ces petits orteils qui se tortillent, c'est à ne rien y comprendre !!


Un petit clic sur l'image pour accéder à la vidéo

Et dire que cette vidéo existe depuis 2 ans et que je ne la connaissais même pas !!! Merci à la personne qui se cache derrière la page facebook Crèche Crecheco pour cette découverte. 




vendredi 16 décembre 2011

Les mercredis de l'avent chez Nounou Cathy ... Suite


Encore un post bricolage !!!! Ben oui ! En décembre chez Nounou Cathy, c’est la trêve des confiseurs !! On ne parle que de bricolage. L’année passée déjà c’était pareil ! J’ai pour habitude d’accuser les mômes et leur excitation liée aux fêtes. C’est vrai que si je les lançais plutôt dans une activité type Montessori, je suis sûre qu’au bout de 2 minutes chrono, j’aurais droit à un « Nounou, tu peux chanter avec moi ♫♫ Dans les grands sapins verts ♪ » qui marquerait la clôture de l’activité.

Mais je dois rétablir la vérité et dire que c’est un peu de ma faute aussi. Rien ne m’empêcherait de vous causer quand même de Pikler ou d’un autre sujet plus pro. Sauf qu’avant Noël je manque toujours de temps (Mmmmmm la bonne idée que j’ai eu de me programmer une formation de 8 h à 12 h le samedi matin avant Noël !!!!). Et il faut dire que les articles de bricolage me demandent quand même moins de travail qu’un post plus professionnel dans lequel je dois faire attention à ne pas dire d’âneries grosses comme moi !! Un post « bricolage » je vous le livre comme il vient, sans trop réfléchir (fautes d’orthographe comprises !!).

Alors voila donc notre petit atelier de mercredi dernier. Si vous avez lu ma précédente bafouille vous savez déjà qu’on avait commencé une petite décoration de Noël. Même que si vous avez été perspicaces, vous avez vu qu’il s’agissait encore d’un bricolage recyclage « rouleau de papier wc » 




Cette fois on a réalisé une fleur (qui peut faire office d’étoile si on veut). L’idée de ce bricolage, je l’ai trouvée ici : 


On découpe le rouleau en 6 tronçons égaux que l’on peint (notre 1ère séance). Après séchage, il faut coller les pétales pour former la fleur (en s’aidant de pinces à linge pour tenir le tout, le temps que la colle prenne).



Dans l’idée de base, il fallait coller une feuille à l’intérieur de chaque pétale. J’ai pensé que cette opération allait être trop compliquée pour mes petits artistes (le but n’étant pas, je le rappelle, que ce soit l’assistante maternelle qui bricole pendant que les loustics regardent). J’ai donc adapté en leur proposant de boucher le trou avec du coton. 




Pour faire plus « fêtes » ils ont collé des gommettes ( « des qui brillent ») dans l’épaisseur de la fleur. Voila une belle décoration à accrocher au sapin ou à une poignée de porte. 





Pour varier les plaisirs, on aurait pu aussi décliner ce bricolage en version "Mobile à suspendre" à un lustre. Je vois bien par exemple, une belle composition avec 3, 4 ou 5 « fleurs/étoiles/flocons » (choisissez le terme qui vous convient) toutes peintes en blanc, agrémentées de paillettes argentées, accrochées sur un support en bois flotté ! J’sais pas trop si vous voyez ce que je veux dire mais dans ma tête en tout cas…….c’est joli !! 

Si jamais ça vous donne l’idée de réaliser un truc dans ce genre, faites-moi signe !!! Ou mieux venez poster votre œuvre sur la page facebook !! Ça me fera plaisir. 

Si vous voulez d'autres idées "Récup" pour vos décorations de Noël, allez voir ici :


Ce sera sûrement le blog coup de coeur du moment si j'ai le temps de mettre à jour le site principal..... avant Noël !!! Parce que sinon après.... forcément..... ça vous intéressera moins !!!!

samedi 10 décembre 2011

Les mercredis de l'avent chez Nounou Cathy

En ce moment, chez Nounou Cathy, le mercredi, y'a pas de mini-crevette ! Que des grands gônes excités comme des puces par l'arrivée prochaine du père Noël.

Papa Noël, tu sais, y'a des jours où je ne te dis pas merci !! Surtout que je ne suis pas du genre à donner dans le chantage du style " si t'es pas sage, le père Noël ne viendra pas" parce que je sais bien que toi, Père Noël, tu t'en fiches des menaces des nounous hein ! Tu passeras quand même !

Donc le mercredi en décembre pour canaliser tout le monde c'est bricolage.



Mercredi dernier on était le 7 décembre. On a donc commencé notre atelier par la création d'un joli lumignon pour la fête des lumières du lendemain. Ami lecteur, je te rappelle que je suis lyonnaise !


 Bon ça ne mérite pas un article. C'est tout bête : un peu de colle à paillettes passée au pinceau sur un pot de crème en verre.

"Nounou, tu dis que c'est un lumignon mais mois je te dis que
 quand on fait un truc pour mettre une bougie dedans ça s'appelle un bougeoir"

Si je vous en parle quand même c'est que ce simple bricolage a bien failli être illégal. En effet la fête des lumières, au départ c'est une manifestation en hommage à la vierge Marie. Or, au moment même où nous réalisions ce bricolage, une proposition de loi controversée sur le principe de laïcité dans les crèches, les centres de loisirs et chez les assistantes maternelles, était examinée et débattue au Sénat. Cette proposition n'a finalement pas été votée (faute de temps, officiellement). 

On a donc failli être hors la loi !! Si cette proposition avait été votée, observer un rite ou porter un vêtement religieux devenait problématique. Pour tout dire, je suis bien heureuse que cette proposition ait été enterrée. Je pense que cette loi ne prenait pas en compte par exemple le fait que les musulmanes voilées, ne pouvant postuler pratiquement nulle part, n'ont souvent pas d'autres solutions que de devenir assistantes maternelles si elles veulent (doivent)  travailler. Le jour où demander l'agrément, ou rédiger un contrat qui prend en compte le port du voile deviendra trop compliqué voire impossible, ces femmes travailleront au noir, tout simplement. 

En dehors de cet exemple, je n'aime pas trop l'idée que les assistantes maternelles soient soumises aux mêmes règles que les crèches. Ça peut paraître paradoxal pour quelqu'un qui revendique haut et fort le fait d'être une professionnelle de la petite enfance. Mais je tiens à garder la spécificité du métier. Oui je suis une professionnelle mais mon domicile, bien qu'étant mon lieu de travail, est privé et doit le rester. Si on commence à nous considérer comme des crèches, on va bientôt nous imposer les mêmes règles et ça je n'y tiens pas. Je ne serai plus assistante maternelle le jour où on obligera mes enfants à se séparer de leurs chats, à faire des travaux pour que toutes les prises soient en hauteur, à avoir une cuisine qui ressemble plus à un laboratoire P4 qu'à une cuisine ou que sais-je encore ! Mais laissons tomber ce discours polémique. On aura bien le temps de s'y remettre lorsque cette proposition de loi sera déterrée. On avait dit qu'on faisait un article "Bricolage de Noël".

Donc après ces lumignons (pardon Mademoiselle, ces bougeoirs) nous avons travaillé sur un bricolage individuel qui n'est pas encore terminé et qui reste donc encore sous le sceau du "secret défense" et fera l'objet d'un prochain article.


Vint ensuite le temps du bricolage collectif. Les enfants ont fabriqué un grand sapin avec toutes leurs petites mimines. Pendant la sieste j'ai réalisé le découpage. Ils ont finalisé en collant les décorations majoritairement découpées dans un sac publicitaire en papier (rien ne se perd, tout se transforme).




L'oeuvre, comme il est désormais coutume à la maison, a été exposée dans la montée d'escalier de l'immeuble.


L'atelier s'est terminé par une séance de peinture "en libre expression". Les enfants ont réalisé ce qu'ils voulaient, comme ils voulaient, avec ce qu'il restait de peinture. Et pour vous dire la vérité, c'est ce que j'ai préféré : 

C'est pas franchement magnifique ça ?



Et encore,  vous n'avez pas vu la surprise, la satisfaction et la fierté sur le visage de l'artiste quand il s'est aperçu par lui-même de ce qu'il se passait quand on mélangeait du blanc et du rouge : "Nounouuuuuuuuu !!!! Ça fait du ROOOOOSE"... Vraiment, ça a fait ma journée !!!


vendredi 25 novembre 2011

Pikler : Les rencontres de Novembre des assistantes maternelles

Et le vainqueur est.............
Le Jeudi 17 novembre 2011 à Lyon, c'était le jour de deux évènements majeurs : la sortie du Beaujolais nouveau, et la soirée des assistantes maternelles de l'association Pikler !!! 

Je ne sais pas si le Beaujolais nouveau a eu du succès (je ne l'ai même pas goûté pour tout vous dire) mais il faut croire que beaucoup d'assistantes maternelles ont préféré cette première option car c'est dans une salle à l'assistance assez clairsemée que se sont déroulées ces sixièmes rencontres professionnelles.

En effet, une quarantaine de personnes seulement avait fait le déplacement (on a vu mieux quand même) pour une soirée qui était pourtant intéressante. Faut dire que pour la trouver intéressante, il aurait fallu savoir en quoi elle consistait car en fait, le sujet est resté longtemps ignoré de son potentiel public. Je n'ai reçu que très tardivement un mail m'avertissant que la réunion se déroulerait sous forme de débat après visionnage d'une vidéo dont le titre était "une journée chez Corinne assistante maternelle".

Ce n'est que sur place que j'ai découvert que le sujet réel était plus ciblé, et que l'on parlerait en fait de la place de l'assistante maternelle dans les jeux d'enfants. Dommage que l'info n'ai pas été plus diffusée. Quant à moi, c'est vrai que je ne me suis pas trop foulée pour la promo, puisque je n'en ai même pas parlé au Relais, l'esprit plus tourné, il faut le dire, vers l'adaptation de ma mini-crevette toute neuve  que vers la vie de l'association.

Alors pour tous ceux qui ont raté cette soirée et qui voudraient quand même savoir comment cela s'est déroulé (pour éventuellement venir l'année prochaine par exemple), voici un petit résumé.

Le groupe lyonnais de l'association Pikler s'était lui aussi déplacé en comité restreint . N'étaient présentes que deux personnes : Claire Neuilly qui a été responsable de relais pendant 3 ans et connaît donc bien les assistantes maternelles et Sylvie Mugnier psychologue, la principale intervenante, qui travaille en pouponnière et qui donc est plus en contact avec des assistantes familiales.

La réunion a débuté par une brève présentation de l'association, Sylvie Mugnier proposant aux "débutants" dans l'approche piklerienne de la profession, de se procurer le numéro de Mai 2011 de la revue l'Assmat dans lequel figure un article de Myriam Rasse, directrice de l'association Pikler Loczy de France, intitulé "Une autre approche du bébé, de son développement, de son accueil".

Elle nous a ensuite proposé plusieurs pistes de lectures concernant plus particulièrement les activités et les jeux. Elle nous a ainsi parlé du livre "L’ACTIVITE LIBRE DU JEUNE ENFANT. Jouets, objets et jeux à proposer de la naissance à trois ans" dont je vous avais déjà parlé ici en nous précisant que même si cet ouvrage était semble-t-il épuisé chez certains revendeurs, il était encore disponible à l'association. 

De manière générale,elle nous a aussi conseillé la collection 1001 BB des éditions ERES.

La réunion en elle-même tournait autour d'un document vidéo issu du CPPA de Sucy en Brie (petit coucou personnel à une personne que j'aime beaucoup et qui se reconnaîtra) filmé chez une assistante maternelle. On y découvrait 3 enfants en activité autour d'un jeu d'eau. A partir de cette vidéo, nous nous sommes interrogées (d'abord par groupes de 4 puis en mettant nos réflexions en commun) sur la place de l'assistante maternelle dans les jeux. Comment doit-elle accompagner l'enfant, sachant que l'activité doit être libre et spontanée (venir de l'enfant) pour que celui-ci se construise grâce à cette activité. 

Difficile de résumer un débat qui part d'une telle observation : les remarques fusent un peu dans tous les sens et ont rapport au document vidéo lui-même. Disons simplement que dans le premier extrait que nous avons visionné, ce qui a marqué les participants c'est que l'assistante maternelle qui avait en charge ces enfants jouant sur une sorte de terrasse avec des bassines d'eau,  les a laissés seuls un moment (moment jugé assez long par la majorité des gens présents) pour aller chercher un jeu dans l'appartement. S'en est alors suivi un débat sur l'absence de cette assistante maternelle. Peut-on vraiment s'absenter (en a-t-on le droit ?) ne serait-ce que quelques secondes ? Nous avons pu nous apercevoir que dans cet exemple, les enfants étaient en sécurité. Nous en avons conclu que pour que cela soit possible, il fallait savoir créer les conditions pour que l'enfant se sente en sécurité (aussi bien sur le plan des dangers potentiels que de façon purement affective). Il est à noter que lorsque cette assistante maternelle s'absente dans la vidéo, les enfants continuent de jouer sans se préoccuper de son départ. Si ils ne se sentaient pas en sécurité, ils s'arrêteraient de jouer. Pour que cela soit possible, il faut toujours expliquer aux enfants ce que l'on va faire. 

Ce que l'on a pu observer de plus important dans cette vidéo c'est que cette assistante maternelle n'intervenait pas dans les jeux des enfants. Elle ne fait pas à leur place. Elle se rend disponible pour eux mais les laisse faire leurs propres expériences car l'enfant n'a pas besoin qu'on lui apprenne à jouer. JOUER NE S'APPREND PAS COMME BOUGER NE S'APPREND PAS ! 

Alors que fait l'assistante maternelle si elle ne joue pas ? Elle intervient en amont dans l'organisation de l'espace et dans le choix des objets. Elle observe et intervient par rapport à ce qu'elle voit, elle doit être attentive à ce qui intéresse les enfants et à leurs émotions. C'est l'enfant lui-même qui va complexifier la manière dont il joue (ce qui ne fonctionnera pas si on fait à la place de l'enfant).

Dans un deuxième extrait de la vidéo, on a pu remarquer que si tout se passait bien dans cette scène de jeux d'eau, c'était aussi parce que l'assistante maternelle avait facilité la possibilité pour les enfants, de se mettre d'accord, en mettant à leurs disposition plusieurs jeux identiques. Cela permet de résoudre des petits désaccords. On a remarqué aussi qu'elle restait disponible pour eux (à hauteur des enfants) en leur laissant la possibilité de s'approcher (de partir et de revenir). Nous avons noté aussi l'importance des vêtements qui doivent être adaptés à la situation pour que l'enfant soit à l'aise et l'assistante maternelle tranquille.

La vidéo portait sur un jeu d'eau mais la conversation a légèrement dévié sur un sujet auquel je n'avais personnellement jamais réfléchi  à savoir la question des aliments dans les activités. Pour Sylvie Mugnier, il est peut être intéressant de s'interroger sur le fait d'utiliser des choses qui se mangent dans les activités. Peut-on jouer avec ? Pour elle, nous devons penser au message que l'on peut véhiculer en faisant ce genre de choses. "Normalement", les aliments c'est fait pour être mangés...... je ne sais pas trop ce que je vais faire de cette remarque (parce qu'à ce compte là, on peut aussi s'interroger sur les jeux d'eau...) mais c'est vrai que ça demande réflexion. Par exemple, on peut réfléchir sur l'utilité d'une séance de pâte à sel, par rapport un atelier cuisine spécial "pâte sablée" durant lequel on pourra fabriquer de vrais petits sablés qui se mangent !  A méditer donc.

Nous retiendrons de cette soirée l'idée que grâce à l'observation, l'assistante maternelle doit tout mettre en oeuvre pour que l'enfant garde la capacité d'être actif. 

Bon alors on vous voit à la prochaine ?






mercredi 16 novembre 2011

Une toute bête boîte de jetons !


Parmi les idées d’équipement qui ne vous entament pas trop votre cagnotte « Indemnités entretien », je vous avais déjà présenté l’indispensable couverture. Ça se passait là. Cette fois, je vous propose un autre style d’investissement : la boite de jetons. Si vous êtes joueurs, vous avez déjà cela à la maison. Ça vous coûtera 0 !

Sinon, si vous vous débrouillez bien vous devriez dégotter cela pour 2 ou 3 euros maxi. Et à quoi vont-ils vous servir ces jetons ? Et bien à une foultitude d’activités diverses et variées (bon ça fait un peu beaucoup là non ?) Disons alors que chez moi, ces jetons colorés nous ont déjà servi à faire de beaux dessins sur le plancher :



 ou de magnifiques sculptures contemporaines dans la pâte à modeler :



Mais ça nous sert aussi à « travailler » pour de vrai, comme par exemple après notre dernière séance modelage quand nous nous sommes lancés dans une activité « tri des couleurs ». 




Comme les jetons étaient de sortie, j’ai proposé à mon artiste de les trier par couleur en lui fournissant des petites verrines de récupération (oui pour ceux qui pensent avoir reconnu, il nous arrive de manger des glaces de chez Pic*rd à la maison !)

Mine de rien, l’activité à l’air simple, mais elle n’est pas si évidente pour un petit malin qui a bien repéré que les jetons étaient certes de couleurs différentes, mais aussi de formes différentes !! Alors Nounou ! T’as pas pensé à ça hein : si j’avais envie de trier les ronds et les carrés moi….. Et oui, il a fallu préciser que pour aujourd’hui on ne s’intéressait qu’à la couleur, mais qu’on aurait pu aussi faire une sélection sur la forme. Bien vu l’artiste !

Ce jour là, la séance était improvisée. Mais elle peut aussi être beaucoup plus travaillée en la proposant comme une activité de type Montessori. On présente tous les éléments sur un plateau à disposition de l’enfant. On lui explique brièvement la marche à suivre en lui montrant les gestes le plus simplement possible, dans le sens de l’écriture,  et on laisse la magie s’opérer !



mercredi 2 novembre 2011

La violence éducative ordinaire


image Psychoenfants 

Pour commencer, je voudrais dire un grand merci à Mr Facebook sans qui je n’aurais pas pu écrire cet article. Et oui, Facebook, n’en déplaise à ses détracteurs, ce n’est pas simplement un réseau social qui te permet d’apprendre que Trucmuche vient d’entamer une relation compliquée avec Machinchose ou que Tonton Jean Claude est très certainement rentré par l’itinéraire « bison bourré » de l’anniversaire du grand cousin si l’on s’en réfère à sa tête sur les photos qui circulent. Non Facebook, ça peut aussi servir à se créer un réseau professionnel qui vous apporte sur un plateau, les infos qui vous intéressent sans même que vous alliez les quémander auprès de Mr Google. Et sur ce coup, l’info qui m’a intéressée est venue de la page hommage à Janusz Korczak, cet écrivain, médecin pédiatre, éducateur, pédagogue, et précurseur des droits de l'enfant.

Janusz Korczak vous savez, c’est l’auteur de ce fameux texte qu’en général les assistantes maternelles aiment bien et qui commence par   « Vous dites : — C’est épuisant de s'occuper des enfants. Vous avez raison. Vous ajoutez : — Parce que nous devons nous mettre à leur niveau. Nous baisser, nous pencher, nous courber, nous rapetisser….. Ça vous dit bien quelque chose ? Non ? Allez donc voir par là alors.


Bon je m’égare et cet article va finir par n’avoir ni queue ni tête. Revenons à l’essentiel. Sur cette page donc, j’ai trouvé un lien permettant d’écouter une émission très instructive de Marie-France Chatin (Géopolitique), sur Radio France International sur le thème de la violence éducative ordinaire avec les intervenants du colloque de la Fédération française de psychothérapie et psychanalyse qui a réuni plus de 350 participants sur le thème : Attachement, empathie et violence éducative ordinaire.

Les invités de cette émission étaient :

- Cornélia Gauthier, médecin suisse, auteur de « Sommes-nous tous des abusés » éditions Géorg 2008 et « Victime non merci » éditions Jouvence 2010

- Fabienne Cazalis, professeur de neurosciences, membre de l’équipe des éditions l’Instant Présent

- Françoise Maurel, présidente d’une association de soutien scolaire et créatrice d’un café-parent

- Olivier Maurel, fondateur de l’Observatoire de la Violence Éducative Ordinaire, auteur de « Oui la nature humaine est bonne…Comment la violence éducative la pervertit depuis des millénaires ? » éditions Robert Lafont.

Je vous propose d’aller l’écouter là :

1ère partie :
2ème partie :

Pour les personnes qui ne me croiraient pas sur paroles quand je dis que c’est intéressant, je vous explique un peu de quoi il en retourne.

Après une introduction sur la place faite aux femmes dans le monde et sur la violence envers elles, l’émission glisse tout naturellement sur la violence éducative ordinaire. On va vous parler du  Colloque sur la violence éducative qui s’est déroulé à Paris. Parmi les informations que l’on vous donnera, on vous expliquera que le développement du cerveau du bébé soumis à la violence éducative est altéré et que ceci est maintenant démontré scientifiquement, que cette violence est source d’une violence à plus grande échelle.

On vous dira aussi que nous sommes programmés pour vivre en société et que la violence éducative vient interférer avec les compétences des enfants, pour les pervertir. On vous parlera d’Alice Miller dont il faut absolument lire le livre «C’est pour ton bien » (Ça c’est moi qui vous le dit). On vous parlera résilience (Boris Cyrulnik et « le murmure des fantômes », ça aussi c’est moi qui vous le propose) pour vous dire qu’il n’y a pas de fatalité, mais que les enfants soumis à la violence éducative ordinaire ont plus de problèmes que les autres à l’adolescence et que ceci est biologique.

On vous mettra en garde contre le fait de devenir sur-protecteur quand on veut s’éloigner de cela. On vous parlera des symptômes psychosomatiques et du fait qu’on n’est pas toujours responsable des actes que l’on effectue parce que nous sommes imprégnés de violence. On vous parlera de la découverte des « Neurones miroirs » qui enregistrent ce que nous voyons et se préparent à le reproduire.

Dans la deuxième partie, vous apprendrez comment l’enfant bloque ses émotions et se crée une carapace émotionnelle pour ne plus souffrir, carapace qui va presque jusqu’à l’anesthésie physique. Il sera dit aussi que la violence éducative apprend aux enfants à se soumettre aux êtres violents : on prend l’habitude d’obéir à des leaders (la violence fait le lit de la soumission). Viendra ensuite un passage très intéressant bien qu’un peu simpliste où on vous explique qu’une petite connaissance du développement de l’enfant permettrait aux parents de faire preuve d’intelligence et de mettre en place une stratégie pour répondre aux oppositions de l’enfant sans tomber dans la violence éducative, les intervenants citant à ce propos Isabelle Filliozat.

L’émission se terminera sur un constat : Il faut changer de normes : le bébé ne naît pas plein de mauvaises pulsions. Les participants mettent beaucoup d’espoir dans le combat du Dr Edwige Antier et sa proposition de  loi interdisant la fessée. L’Europe avance sur l’abolition du châtiment corporel mais la France est à la traîne. Pourtant contrairement à ce que l’on croit, il y a une réduction du niveau de la violence admise. Il y a beaucoup moins de violence maintenant qu’au 19ème siècle. L’accoutumance à la violence dans la petite enfance a baissé et la baisse de la violence en général est à mettre en parallèle avec la baisse de la tolérance à l’égard de la violence sur les enfants. Au passage vous apprendrez peut être que les premiers intellectuels à avoir soulevé la question des châtiments corporels ont été des musulmans et que les pays du nord n’ont pas forcément de leçons à donner aux pays du Sud. Au final et pour résumer, je terminerais mon article sur cette citation de Cornelia Gauthier : 

« Si la violence éducative ordinaire était efficace il y a longtemps que le monde irait bien et ce n’est pas le cas » !


vendredi 21 octobre 2011

Une nounou "Pikler" c'est quoi ?


« Oui bonjour Madame, je vous appelle suite à votre annonce d’assistante maternelle. Nous sommes très intéressés par votre démarche. On ne connaît pas  Pi…… enfin… je sais même pas comment ça se prononce mais nous recherchons une éducation non violente »

Désolée, Monsieur, normalement, sauf changement de dernière minute, la place est prise ! Ne vous inquiétez pas, vous n’êtes pas le seul à ne pas connaître Pikler (sans vouloir citer de nom, je connais même des puéricultrices qui ne savent pas qui c’est Pi…. Kler) Mais en tout cas, vous n’aviez pas tord il s’agit bien en résumé d’une éducation non violente même si on préfère parler ici de bientraitance.

Alors, 
  • pour vous (qui je l’espère avez trouvé une solution), 
  • pour tous ceux qui ne savent même pas comment cela se prononce, 
  • pour les parents de la mini-crevette que je vais accueillir prochainement (on dira que c’est une partie du livret d’accueil que je n’ai pas encore rédigé),
  • pour moi histoire de me faire une petite révision puisque le dernier bébé accueilli ici a bientôt 2 ans ½ (il n’y a pas beaucoup de turnover chez Nounou Cathy), 

voici comment se passe l’accueil d’un tout petit chez une assistante maternelle qui a une approche éducative basée sur les travaux d’Emmi Pikler.

Je ne vous fais pas un cours d’histoire (vous trouverez ça, ailleurs, mieux que je ne pourrais le faire), je vous rappelle simplement quelques  principes de base : quand on travaille « à la Pikler » on sera très attaché :

-          à la motricité et à l’activité libre,
-         au bien-être corporel de l’enfant,
-         à la qualité du soin
-         à l’établissement d’une relation de confiance entre l’enfant et l’adulte qui s’en occupe.

En clair maintenant. Quand une mini crevette arrive chez moi, je vais tout d’abord apprendre à la connaître et à connaître ses besoins. Pour cela je vais observer attentivement son comportement dans les moindres détails afin de pouvoir interpréter ses demandes et répondre le mieux possible à ses attentes.

Dans la journée lorsque ce bébé ne dormira pas, qu’il ne sera pas en ballade, en train de manger, en « soin » ou dans les bras de sa nounou il sera déposé au sol toujours à plat dos, sur un tapis assez rigide (genre tapis de gym des écoles). Ce tapis sera recouvert d’un drap pour éviter le contact avec le plastique qui pourrait sembler froid. 

Des jeux seront disposés tout autour du bébé, jamais donnés « de force » dans la main. Ils seront choisis selon le développement de l’enfant en privilégiant la simplicité. Au début ce sera souvent des objets de la vie courante reconvertis, l’important étant la découverte de matières, de formes, de sensations et les gestes qui en découleront. Il n’y aura pas de portiques qui peuvent agacés le bébé car celui-ci ne peut ni attraper les jeux qui s’y trouvent, ni s’en détourner puisqu’il est positionné dessous. Les jeux trop bruyants, ou trop compliqués seront aussi bannis. 

Le tapis en lui-même sera toujours positionné dans le même endroit afin de donner des repères à l’enfant. Je le positionnerai contre un mur qui pourra servir de « résistance » et d’appui lors des premières tentatives de déplacements. Avec la permanence des lieux, sera aussi instaurée une permanence des jouets, l’enfant devant retrouvé à chaque séance de motricité les mêmes objets afin de pouvoir approfondir leurs utilisations. Ils ne seront remplacés que lorsque j’aurai observé que l’enfant s’en désintéresse.

Je n’interviendrai jamais pour modifier la position du bébé sauf dans le cas où celui-ci sera dans une situation trop inconfortable comme par exemple lors des premiers retournements sur le ventre, quand  le bébé saura se mettre sur le ventre mais se retrouvera coincé, sans savoir comment revenir dans la position initiale. Dans ce cas je veillerai à ne jamais le soulever directement du tapis ; je l’aiderai à repasser sur le dos, en l’accompagnant au niveau de son épaule. Comme je l’aurai bien observé avant, je passerai toujours par l’épaule qui lui aura servi à faire son retournement (chaque bébé a ses préférences au départ). Si besoin je le prendrai alors dans mes bras en l’avertissant toujours de l’acte que je vais réaliser. Sur ce tapis, l’enfant sera laissé pied nu afin qu’il puisse utiliser ses pieds pour jouer et se déplacer. Il sentira beaucoup mieux les appuis et, pas de panique, il ne fait jamais de températures sibériennes chez nounou. 

Je ferai attention à ce que sa tenue soit adaptée pour que ses mouvements soient totalement libres. Ainsi je prendrai garde à ce que ses mains et ses pieds soient toujours libérés en remontant les manches du pull et les bas de pantalons.  Le tapis de motricité représentera le lieu de jeu principal du bébé, le transat quant à lui, ne sera qu’un lieu de passage où l’enfant ne restera que de brefs instants. Lorsqu’il sera capable de ramper (très rapidement quand on lui donne l’occasion de se mouvoir), il se promènera comme bon lui semble dans la salle de jeux. Il va de soi que l’enfant ne sera jamais assis ou même posé directement sur le ventre tant qu’il ne sait pas le faire de lui-même. Un youpala ? Heu… non merci, sans façon !! 

 Dessins tirés du livre "Se mouvoir en liberté dès le premier âge" 
                                    

Les repas seront donnés sur mes genoux (pas de chaise haute ou très peu) jusqu’à ce qu’il soit capable de s’asseoir seul. Je prendrai soin de m’installer dans un coin tranquille, à l’écart de l’agitation. Je serai indisponible pour les autres enfants accueillis pendant tout le temps du repas. A moi donc d’anticiper ce qu’il pourrait se passer et faire en sorte de créer les conditions pour ne pas être dérangée tout en continuant la surveillance. Sauf si il dort (ou si ce n’est vraiment pas son heure) le bébé mangera toujours avant les plus grands, ceci dans le but de ritualiser le repas et de donner des repères dans le temps à tous les enfants présents (« J’ai faim mais je patiente car je sais qu’après bébé, c’est mon tour »). La devise du temps repas sera toujours : « pas une cuillère de moins que la faim, pas une de plus que ce qui lui fait plaisir ».

Extrait du film "Une maison pour grandir" de Bernard Martino

Le moment du change sera toujours très important. Il ne sera jamais (dans la mesure du possible) réalisé dans la précipitation. Les gestes seront toujours lents, doux et effectués toujours dans le même ordre en prévenant le bébé de ce que l’on va faire. J’essayerai de ne pas tirer sur les jambes pour effectuer le change mais de faire rouler le bébé à partir de son bassin, La manœuvre semble un peu délicate à effectuer mais elle permet de ne pas créer de tensions dans les articulations, et comme elle est toujours réalisée de la même façon, le bébé devient très vite actif pendant son change et vous aide en accompagnant et en anticipant tous vos gestes. J’en profiterai pour lui parler, beaucoup et toujours sans précipitation en tentant de verbaliser les émotions de l’enfant. Lorsqu’il sera plus grand au moment de la marche, l’enfant sera changé debout afin qu’il prenne encore plus part à son propre développement. J’entends déjà les collègues dire que c’est trop compliqué ; c’est juste une question d’habitude. Au départ, quand par « l’odeur alléché » on suppute que le change va être très….. sportif, on peut toujours se resservir de la table à langer en expliquant à l’enfant les raisons de son choix. Il le comprendra très bien : « Nounouuuuuuuu, Ja fais un caca de mammouth » !

Quoi dire de plus, sinon qu’une « Nounou Pikler », c’est une nounou comme les autres. Elle va au parc comme les autres, peut être un peu plus que les autres parce qu’elle pense que les sorties quotidiennes c’est bon pour la santé (une vraie nounou pikler, pure et dure,  fera même faire la sieste dehors été comme hiver ce que je ne peux matériellement pas faire personnellement) Elle fait faire des « activités manuelles » comme les autres, peut être un peu moins que les autres car elle est très attachée à l’activité libre ; disons donc qu’elle sera plus « activités » que « bricolages » ne perdant jamais de vue l’intérêt de l’enfant dans tout cela. Elle se formera peut être un peu plus que les autres, ayant à cœur de traquer toutes les « douces violences » quotidiennes dont elle n’avait même pas conscience en débutant dans le métier.

J’imagine les assistantes maternelles en train de lire cet article. Certaines vont se rendre compte qu’elles travaillent "à la Pikler" depuis toujours, d’instinct,  sans même le savoir. D’autres vont se demander ce que c’est que ces pratiques bizarres (poser un bébé par terre sans jamais l’aider à s’asseoir, à marcher ou même à attraper un jouet, mais qu’est ce que c’est que ces idées barbares héritées du communisme !!) A celles-là, je leur propose d’aller lire les autres articles tagués « Pikler » de ce blog, notamment les comptes rendus de réunions pour comprendre les raisons et les buts de cette approche de l’éducation. 

mercredi 19 octobre 2011

Les toqués de la semaine du goût

Pour fêter la semaine du goût chez Nounou, on a fait un gâteau au yaourt. On vous raconte pas ! Vous savez tous faire ! Même nous on connaît par coeur alors ! Elle s'est pas foulée Nounou hein ! Par contre pour l'occasion, Nounou, elle nous a tous déguisé en cuisiniers, avec une belle toque et un tablier. Non, on vous montre pas les photos parce qu'on a vendu l'exclusivité à un magazine tient à notre anonymat, mais on était très chouette. Tiens regardez donc ce que cela donne sur le nounours ! 



Comment elle a fait Nounou ? Ben, elle a acheté des sacs poubelle blancs de 30 l. Pour faire la toque, elle a coupé le fond à peu près à 25 cm. Elle l'a agrafé en fronçant le tout, sur une bande de papier composée de 2 feuilles blanches A4 pliées en deux et agrafées entre elles aux dimensions de notre tête. (papier imprimante tout bête).

 Pour faire le tablier, elle a pris un sac entier qu'elle a plié avant de le découper comme sur la photo.


 Le lien qui ferme normalement le sac nous a servi de ceinture. Et whouala !!! Ça lui a pris 2 minutes pour chacun des participants et on s'est bien amusé ! Et maintenant il n'est plus question de faire un atelier Cuisine sans nos tenues de Chefs ! 


vendredi 7 octobre 2011

L’hymne au soleil : à la manière de Bernadette Griot


Devant le succès phénoménal, n’ayons pas peur des mots et ne soyons pas faussement modeste, remporté par notre précédent « A la manière de », nous avons décidé, les gônes et moi de réitérer notre opération « Artistes en herbe » et de vous présenter notre dernière création.

Quand on vous a montré notre travail sur Tony Cragg, j’étais loin d'imaginer que cela m’apporterait autant de visiteurs ! Sans rire, les nounous blogueuses, si vous voulez avoir de la visite, citez Tony Cragg !! En moins de temps qu’il n'en faut pour le dire, il a réussi à détrôner l’ancien maître de ces lieux, à savoir Jean Epstein !!! Ringardisé en 15 jours le pépère !!! En plus, et c’est d’ailleurs le plus important, le concept (travail sur un artiste + exposition de l’œuvre collective sur mon palier) a aussi beaucoup plu dans la vraie vie ! Tout le monde était content : les enfants qui peuvent en reparler fièrement à chaque fois qu’ils arrivent chez moi, les parents qui ont l’air d’apprécier « l’éveil culturel » que cela représente pour leur enfant et la nounou, qui est contente que tout le monde soit content et qui du coup se demande si elle ne consignerait pas tout cela dans une sorte de cahier qu’elle appellerait pompeusement "Parcours sensoriel et culturel", que l’enfant pourrait garder en souvenir pour ses vieux jours !

Enfin bref ! Là n’est pas la question. Notre « à la manière de » de cette semaine a été consacré à Bernadette Griot. Bon, je suis consciente que cette  plasticienne lyonnaise, auteur et éditrice de livres d’artistes ne va pas  rapporter à ce blog autant de visites que Tony Cragg. C’est, disons… plus locale comme renommée ! Mais en tout cas, ça nous a inspiré et ça collait parfaitement à la saison et aux capacités des enfants. 

J’ai eu connaissance de son travail par l’intermédiaire de la "Fête des feuilles", à laquelle elle a participé à plusieurs reprises. La fête des feuilles, c’est un évènement artistique conjuguant art et nature à Lyon. Les œuvres éphémères, créées à partir de feuilles mortes, et plus largement de matériaux naturels forment un parcours  qui invite le citadin à s’interroger sur ses rapports avec le vivant. Elle a lieu maintenant tous les deux ans et se déroule dans les sous-bois du parc de la Tête d’Or. En 2006, Bernadette Griot avait réalisé un « Hymne au soleil ». Cette œuvre, selon la plaquette consacrée à l’évènement, représentait le rapport du vivant aux cycles du soleil et des saisons. C’était "un soleil de feuilles d’automne, suspendu dans un arbre et qui tournait au gré des vents : la dimension sacrée de l’immuable se conjuguait avec la répétition des cycles du temps". Ça donnait ça :


Pour réaliser le nôtre, nous avons d’abord été nous balader au parc Chambovet (précision pour les collègues lyonnaises) afin de ramasser tout notre matériel. Nous avions pour mission de rechercher des feuilles de trois couleurs : rouges, jaunes, et marrons. J’avais expliqué aux enfants que nous allions réaliser un soleil en collant des feuilles mortes sur un grand cercle en mettant les feuilles rouges au centre puis les marrons, puis les jaunes afin de faire un beau dégradé. A la maison, nous avons fait sécher notre cueillette à l’intérieur d’un livre. L’activité en elle-même a été programmée la semaine suivante.

J’ai scotché 3 bandes de feuilles de listing et dessiné 3 cercles pour délimiter les zones dans lesquelles les enfants devaient coller les feuilles, des plus foncées au centre, jusqu’aux plus claires sur l’extérieur. La plus grande des participants s’est chargée de découper le soleil et tout le monde a trié les feuilles par couleur pour faciliter le travail.



Ensuite est venu le temps du collage. Nous avons expérimenté plusieurs méthodes. Ils ont finalement préféré l’utilisation de la colle bleue passée au pinceau.




 Je leur ai montré le travail de Bernadette Griot  et présenté  "la fête des feuilles". Ils ont aimé et émis le désir de s’y rendre. Pas de bol !!! La prochaine édition ne se déroulera que l’année prochaine !!

En attendant voici notre version de l’hymne au soleil, exposé sur le palier :



Bon d’accord le nôtre ne tourne pas au gré du vent mais c’est pas grave ! On est fier quand même !

vendredi 30 septembre 2011

Enfants mordeurs suite !

Vous vous rappelez, en avril dernier, ici même, on avait causé "enfants mordeurs". On avait parlé à l'époque de Denise Bricault que, nous, assistantes maternelles du relais Potiron à Lyon avions eu la chance de rencontrer. Elle nous avait donné quelques astuces pour venir à bout de ce comportement pour le moins perturbateur en communauté qui peut très vite vous gâcher l'existence ! Oui je sais avril c'est loin ! Alors comme je suis bien gentille avec toi, ami lecteur, je te remets le lien. C'était là :


D'ailleurs, je suis en train de lire son livre à Denise !!! "L'enfant au coeur de nos actions", ça s'appelle. C'est très intéressant. Dommage pour vous, il n'est pour l'instant pas commercialisé en France !! Les assistantes maternelles du relais potiron peuvent toutefois le demander à l'animatrice qui se fera un plaisir de leur prêter.... quand je l'aurai rendu bien sûr ! Mais je m'égare ce n'est pas du livre dont je voulais parler. J'ai simplement pensé à elle hier lorsque je suis tombée par hasard sur un objet de chez Hoptoys.

Si vous avez relu mon article, tout bien jusqu'au bout, vous avez du comprendre comme moi, que lorsqu'on est en présence d'un enfant mordeur, l'une des astuces qui marche le mieux, c'est de lui proposer un objet de substitution pour qu'il morde dedans plutôt que de se défouler sur le petit copain qui a le malheur de passer dans les parages. Denise nous précisait que cela marchait d'autant mieux si l'objet est porté en permanence sur l'enfant car le besoin de mordre ne peut pas être différé. Et bien je crois que chez Hoptoys, ils ont trouvé l'objet idéal !!

image HopToys


Ca s'appelle le OH PLAH ! C'est un bracelet de mastication qui répond parfaitement à la problématique en question. En plus,  il est traité antibactérien, il est sans plomb, sans latex, ni PVC, ni bisphénol, ni phtalate. Aucun danger ! 

Dans leur catalogue vous le trouverez là :


image HopToys


Cher me direz-vous ? Peut être, si vous ne voyez dans l'objet qu'un simple bracelet de mastication pour petit mordeur dans sa deuxième année d'existence. Mais ayez un peu d'imagination. Il peut très bien servir en tant que jouet pour un tout petit qui lui aussi sera ravi de l'explorer sans danger, autant avec ses mains qu'avec la bouche (utilisable à partir de 3 mois) qu'à un grand pour qui il deviendra le bracelet de "pouvoirs" d'un super héros ou un bracelet de Princesse !! Bref, on peut l'acheter pour un petit mordeur et le recycler pour les autres enfants de la tribu !  

mercredi 7 septembre 2011

A la manière de Tony Cragg


L’activité que je vous propose aujourd’hui, ça fait un bon bout de temps qu’elle nous trottait dans la tête. C’était à la fin de l’année scolaire, au mois de juin dernier, et nous étions, les trolls et moi, tombés en admiration (oui bon, surtout moi au départ, d’accord) devant l’exposition de l’œuvre des élèves du collège Pierre Termier à Montchat, qui avaient semble-t-il étudié l’artiste Tony Cragg durant les cours d’arts plastiques.

 Anthony Douglas Cragg, dit Tony Cragg, est un sculpteur britannique né à Liverpool en 1949. Il a porté un intérêt tout particulier au monde industriel et aux produits qui en résultent. Son travail se base donc surtout sur l’objet. Dans les années 70, il collecte des détritus, des cartons d’emballage, des matériaux industriels usagés, des plastiques colorés,  et les installe au sol pour en faire de grandes compositions colorées.

Pour Tony Cragg ça donne ça :




Pour les élèves du Cours Pierre Termier ça donnait ça :



Et nous, on avait très envie de faire pareil !! On s’était dit qu’on allait reprendre notre travail sur le schéma corporel en reproduisant l’empreinte du corps d’un copain sur une grande feuille blanche. Il nous resterait plus après, qu’à remplir cette empreinte avec des objets. Seulement voila, après un bref inventaire de ce que je disposais à la maison, et malgré le fait qu’un loustic de 3 ans c’est moins volumineux qu’un boutonneux de 14 printemps, je me suis vite rendu compte qu’on allait manquer de matière première. L’idée de les faire fouiller dans les poubelles m’a un instant effleuré l’esprit mais je me suis ravisée pensant finalement que, non, ce n’était pas l’idée du siècle. J’aurais pu faire intervenir les parents et demander à chacun d’apporter sa petite contribution. J’ai finalement préféré travailler sur l’image de l’objet plutôt que l’objet lui-même. Ça évitait par la même occasion, les problèmes liés au choix de la colle : de simples bâtons de colle blanche suffiraient.




La première étape a donc consisté à faire la collecte des images que l’on a découpées dans des magazines après avoir choisi les couleurs dans lesquelles on désirait travailler. Les enfants ont choisi : bleu, rose, orange et  jaune. Seule consigne : prendre, autant que possible des choses unies, sans motif.

Aujourd’hui c’était le grand jour de la réalisation finale. J’ai scotché 3 bandes de listing pour faire la surface ; le plus petit des trolls nous a prêté son corps ; nous avons relevé son empreinte ; armé d’un tube de colle et de nos images triées par couleur, nous avons commencé le collage.







Là, les consignes étaient plus nombreuses mais ont toutes été bien respectées. Il ne fallait pas mélanger les couleurs (on avait choisi l’affectation de chacune d’elles et on les a travaillées les unes après les autres) ; on ne devait pas dépasser les limites de notre bonhomme ; on devait laisser de l’espace entre chaque image. Quand tout a été fini j’ai découpé notre silhouette. On a trouvé ça très chouette !! Tellement chouette, qu’on a décidé de l’exposer dans la montée d’escalier pour en faire profiter les voisins ! Et je peux vous dire…. On est fier de notre œuvre d’art !!






vendredi 2 septembre 2011

Un peu de qi gong pour enfants ou presque


Aujourd’hui on va parler relaxation ; on va parler massages ; on va parler sensations et corps aussi. Alors, consciente que sur Internet y’a pas que de l’art, y’a aussi du cochon, je voudrais tout d’abord m’arrêter 5 minutes histoire de dire au revoir à tous les visiteurs qui arriveraient ici par l’entremise de Mr Google, mais qui recherchaient en fait un contenu un peu plus…… olé olé !!!!

Désolée, M'ssieurs dames, Mr Google vous a mal aiguillés ! Ici on parle Areuh Areuh et couches culottées !!! C’est tout. Mais retournez lui demander à Mr Google ; je suis bien sûre qu’il va vous trouver ce que vous cherchez. 


Bon maintenant qu’on est entre nous ( je vous assure, quand on s’intéresse aux mots clés qui amènent les visiteurs ici, on a des fois des drôles de surprises qui nous obligent à faire attention au vocabulaire employé !!) on peut commencer. 

Voici donc l’activité que je vous propose aujourd’hui : une petite séance de relaxation agrémentée d’un massage aux balles. Je la propose lorsque je sens que les loustics sont vraiment trop excités ou trop fatigués, ou bien pour terminer en douceur une séance de motricité. 

Les enfants s’installent sur des tapis. Je tamise la lumière, je mets en fond sonore une musique de relaxation et le massage peut commencer. J’ai deux mains donc, au mieux, je peux masser deux enfants à la fois. Le troisième attend son tour sagement en profitant tout de même de l’ambiance. S’il est trop impatient je lui propose un auto massage en lui fournissant une balle. Les enfants sont donc la plupart du temps allongés, mais ce n’est pas une obligation, je tiens la balle dans la paume de ma main et je la fais rouler par un mouvement circulaire, sur le corps de l’enfant. Selon l’âge des participants, la séance peut prendre diverses formes : avec les grands, c’est eux qui choisissent les zones de massage (souvent la plante des pieds). Avec les tout petits, on en profite pour nommer les différentes parties du corps.

On pourrait certes masser les enfants simplement avec les mains mais l’utilisation d’une balle a plusieurs avantages. D’abord, cela ajoute un élément ludique au massage. Ensuite cela permet de garder une certaine distance entre le masseur et le massé ; il y a des enfants pour qui le toucher est trop intrusif, il faut y penser et surtout le respecter. L’utilisation de différentes balles (simple balle de tennis, balle à picots ou autres) permet aussi d’apporter d’autres sensations à découvrir. Un dernier atout et non des moindres : cela permet de réserver les vrais massages à la main à la maman qui elle aussi pourrait penser que cet acte est trop intime et personnel pour être réalisé par une assistante maternelle, et qui peut être, voudrait conserver pour elle, ce contact privilégié avec son enfant. Pour résumer la situation, on peut dire que la balle sert de médiateur dans le contact. 

Pour que la séance se déroule dans de bonnes conditions, il y a quelques trucs à respecter. Premièrement, si les enfants sont un peu grands (niveau razmokets on va dire) il faut bien leur expliquer que, même si la séance est ludique, il ne s’agit pas de jouer au ballon ! Les balles sont là pour masser et non pas pour être lancées : essayez alors de réserver certaines balles pour cette seule utilisation. Ensuite assurez vous que personne n’ait soif, faim … ou une envie pressante à soulager car si vous deviez interrompre la séance, l’effet relaxation ne serait pas au rendez-vous. 

Comment masser ? Quelle partie du corps ? Moi je fais ça au feeling, mais pour les puristes je vous ai trouvé sur le net, une fiche sur le qi gong pour enfants qui vous présente en détail le possible déroulement d’une séance. Vous pouvez la télécharger là :

http://professionassmat.free.fr/qi gong.doc

( le document est tiré du site : http://capa.sh.free.fr/?paged=24 )

Vous n’y connaissez rien en musique de relaxation ? Moi non plus ! Mais grâce au copinage ouebesque, j’ai eu connaissance du site aecoute.net qui propose une web radio spécialisée dans le domaine et dont je me sers pour les séances. Si vous avez le temps et si le sujet vous intéresse, fouillez un peu dans le site et lisez les articles de Pascal Rivière. Ça vous donnera peut être envie d’approfondir la question. 

Pour les balles, si vous n'avez rien qui puisse faire l'affaire, sachez que celles présentées en début d'article sortent de chez Hop'toys et vous les trouverez là :

http://www.hoptoys.fr/LOT-DE-BALLES-POUR-MASSAGES-p-2816-c-296_302.html


Normalement, ces séances plaisent beaucoup aux enfants même si, pour être franche, la zenitude recherchée n’est pas toujours atteinte. Mais qu’importe ! Le simple fait de voir un razmoket marchant à peine et ne parlant pas encore faire des efforts surhumains pour ôter ses chaussettes et vous présenter son pied avec un regard de chat potté, vous prouve que ces massages sont tout de même très appréciés. 

mardi 30 août 2011

Sur l'attachement

Ça vous dit un autre fond de tiroir ? C'est pas que je n'ai plus d'idées pour de nouveaux articles, des idées, j'en ai des tonnes mais c'est le temps pour la transformation de l'idée à l'article qui me manque. Que voulez vous : c'est la rentrée et son habituel lot de paperasserie !! Et quand on n'est pas vraiment doué pour les tâches administratives ( si si c'est une ancienne assistante de direction qui dit ça) ça devient vite la galère. Faut quasiment  prendre l'ambulance pour se conformer à ses obligations tellement y'a urgence. Là, pour tout vous dire,  je suis même carrément dans le camion de réanimation du Samu !! Alors voila en attendant vous trouverez ci-joint un petit texte sur ce que je pensais de l'attachement Nounou/Bébé, il y a quelques années.


Les risques du métier

Une des choses qui m’horripilait le plus quand j’ai commencé dans le métier, c’était de voir à quel point mes collègues pouvaient s’attacher aux petits qu’elles avaient en garde au point de les considérer comme leurs propres enfants. Je me souviens de discussions lorsque nous étions en formation où ces dames racontaient comment elles se rendaient malades si un bébé qu’elles avaient en garde avait le moindre problème, comment elles les aimaient, comment elles étaient en détresse lorsque le contrat se terminait

 Au mieux je les prenais pour des menteuses, au pire je les jugeais comme de mauvaises assistantes maternelles ayant commis une faute professionnelle. 

 C’est un truc qui ne m’était jamais arrivé. J’avais toujours voulu garder une certaine distance envers les enfants que j’accueillais afin de ne pas créer d’ambiguïté dans l’esprit des enfants. Il était (il est toujours d’ailleurs) très important que le bébé ne me prenne pas pour sa mère et qu’il ne s’attache pas à moi de manière inconsidérée. Je gardais toujours à l’esprit que je n’allais intervenir que pour une courte durée dans la vie de ce bébé. 

Et puis un jour, tu es arrivé, toi, petit bonhomme de 2 mois et ½ à peine, pour un accueil qui, certes, me convenait parfaitement dans tous les domaines (contrat idéal, parents plus que sympas) et progressivement, ma vision du métier a changé. 

Je ne sais pas comment tu as procédé mais les faits sont là : un an après ton arrivée dans la maison, je m’inquiète quand tu n’es pas bien ; c’est toi qui me sers de fond d’écran sur mon téléphone portable ; et je me languie de toi lorsque les vacances sont trop longues.   Bon, je tiens quand même à rassurer mes enfants, je ne te considère pas comme le petit dernier de la famille ! Je n’ai jamais cherché à prendre la place de ta maman ! Mais voila je me suis attachée à toi. Pourquoi toi ? Je ne sais pas. Lorsque tu es arrivé chez nous avec ta petite tête cabossée, tu n’étais pas plus beau que les autres. Pas plus sage non plus !!! Tu te rappelles quand je t’appelais mon petit Roberto, rapport au ténor du même prénom parce que tu criais à chaque fois que tu voulais t’exprimer. Ça n’a pas été tous les jours très simple, mais curieusement tes cris à toi ne m’ont jamais exaspérée comme ont pu le faire les cris d’autres bébés (et là, j’inclus même ceux de mes propres enfants). Avec toi j’ai toujours été Zen.   Mais voila, je viens d’apprendre que notre contrat va s’interrompre à la fin de l’année. Tu vas partir et je ne te reverrai sans doute plus. Cela m’attriste ; tu vas me manquer et sadiquement je me surprends même à espérer que je te manquerai aussi un peu.  Je ne voudrais pas donner dans le « déballage sentimental », mais je vais sûrement verser quelques larmes quand tu passeras la porte pour la dernière fois. Et alors ! Même pas peur ! Même plus peur. Car en attendant, on aura vécu de sacrés beaux moments. Et puis finalement c’est la vie non ? A force de trop vouloir se protéger, on finit par ne plus rien vivre de joli.   Alors que s’est-il passé ? Ai-je commis une faute professionnelle en m’attachant trop à toi ? Je ne sais pas.