dimanche 30 mai 2010

La fête des Mômans ! A la manière de Claude Monet



Qu’est-ce que je disais déjà dans ma première note ? Que j’allais mettre d’abord du contenu « significatif » par rapport à la suite du projet ? Bon, ben disons qu’on va poster une exception à la règle alors !!! Parce qu’aujourd’hui je vais vous causer Bricolage !!! Autant vous le dire tout de suite, cette catégorie d’articles sera rarement présente ici !!! Oui je sais bien, normalement, nous les assmats, on aime bien ça, le Bricolage !!! Mais si, dites pas non ! Je le vois bien dans les termes que vous entrez sur les moteurs de recherche pour arriver jusqu’au site principal !! Je sais tout !!

Moi aussi lorsque j’ai démarré dans le métier, j’étais à fond dedans. Il me semblait même que si l’enfant repartait à la fin de la semaine sans son « bricolage hebdomadaire » j’allais avoir du mal à justifier mon salaire auprès des parents. C’est un fait que certains parents sont très demandeurs aussi. Mais l’enfant dans tout cela ? Ou est son intérêt ? Qu’en aura-t-il retiré ? Pas grand-chose, il faut bien le dire, d’autant plus que la plupart du temps, il n’aura fait que regarder Nounou, qui elle se sera bien amusée !! Avant de passer à l’élaboration d’un produit fini, l’enfant a besoin d’expérimenter, de manipuler. A l’âge où nous les accueillons en général, la découverte de nouvelles matières suffit à leur bonheur. Le plaisir du jeu et de l’exploration apporte beaucoup plus à l’enfant en termes de développement que la réalisation d’une œuvre d’art.

Oui mais voila !! Y’a les incontournables !!! Liés aux fêtes du calendrier, ils nous sont très certainement imposés par nos souvenirs d’enfance, époque lointaine (bah si quand même) où les « maîtresses » nous faisaient réaliser des chefs d’œuvre à ramener à la maison. Alors de temps en temps, parce que ça fait plaisir aux parents, et aussi parce que les enfants, à partir d’un certain âge ( on va dire 2 ans) sont contents de ramener des petits cadeaux à Papa Maman, on s’exécute et on bricole !!!!

Et parmi ces incontournables, il y a la fête des mères !!!! Cette année, j’ai choisi de les faire « travailler » sur une œuvre d'inspiration « Monet et ses nymphéas ». Il nous aura fallu 3 séances de peinture : une pour faire un fond bleu nuit pour l'eau (technique du rouleau) une pour les feuilles vertes (technique du tampon avec un mouchoir en papier roulé en boule) et une pour faire les fleurs (avec une application au doigt pour l’un des enfants, et au rouleau pour l’autre qui a refusé tout net de tremper ses doigts délicats dans cette chose gluante). J’ai aimé le fait de travailler en plusieurs étapes. Ca permet de « travailler le projet » comme dirait Jean Epstein (psssiiittt : si tu sais pas qui sait, ne t’inquiète pas je t’en reparlerai un jour) et donc d’apprendre la patience et l’attente pour arriver au bout de l’œuvre.


Voila donc le travail de « mes » deux grands :


J’accueille aussi un p’tit razmoket qui n’aurait absolument pas vu l’intérêt de tout cela !! On s’est donc contenté de l’éternelle et simplissime empreinte de la main :

La déco a bien entendu été réalisée par Nounou (oui ben on fait ce qu’on peut hein !) avec ce qu’elle avait sous la main (des feuilles Canson et un petit napperon en papier) J’ai glissé à l’intérieur un des poèmes se trouvant sur le site principal :
J’ai choisi « Ma petite main » parce que je le trouve mignon tout plein.

Bon, vous me direz, maintenant la fête des mères c’est fini pour cette année. Ben tant pis, ça sera pour la prochaine fois.

vendredi 28 mai 2010

Pikler : Bilan après 2 ans de pratique.

Pour commencer, Gens du Oueb, on va parler ….. Pikler !!! Ça vous étonne ? Ben c’est qu’on se connaît pas alors !! Enchantée de faire votre connaissance. Les autres, je les vois, gloussant derrière leur écran. Oui Pikler (Emmi de son p’tit nom) c’est mon dada depuis quelques années. Faudra un jour que je vous explique comment je suis tombée dans la marmite. Pour l’heure, je veux simplement faire une sorte de bilan sur ce que cette découverte a changé dans mon quotidien.

Avant tout, je vous invite, si vous ne savez absolument pas de quoi je parle, à vous rendre chez mon ami Google pour faire, vous aussi, une petite plongée dans monde d’Emmi Pikler, cette pédiatre hongroise morte en 1984, connue pour avoir dirigé la pouponnière de Loczy créée pour les orphelins de guerre. Allez-y !! On vous attend.

C’est fait ? On y va alors !!

Cela fait maintenant un peu plus de deux ans que je base mon travail sur une approche « piklerienne » de l’éducation et je pense pouvoir maintenant faire un petit bilan professionnel sur cette façon de faire. Je vous livre donc mes impressions.

Tout d’abord, il faut peut être, pour celles et ceux qui n’auraient pas suivi mon conseil sus cité, que je rappelle les bases de cette approche telles qu’elles peuvent nous servir dans l’exercice de notre profession d’assistante maternelle.

Travailler « à la Pikler » donc, c’est donner une importance primordiale à la motricité libre : dès 3 mois, l’enfant est donc placé le plus souvent possible à plat dos sur un simple tapis, l’assistante maternelle ayant pris soin de posé autour de lui des jeux adaptés à son évolution.

Ce bébé ne sera jamais mis dans une position qu’il n’a pas expérimenté de lui-même, si bien qu’il ne sera jamais assis avant qu’il ne sache le faire tout seul, qu’il ne sera jamais aidé en le tenant par les mains pour le faire marcher. Ainsi trotteur, transat et même chaise haute ne seront pas utilisés. Plus tard l’enfant expérimentera de lui-même son environnement et les jouets qui sont mis à sa disposition, ce qui implique qu’on ne lui montrera jamais comment poser la pièce de son puzzle ou comment emboîter des éléments. D’une manière générale, on ne lui apprendra rien au sens pédagogique du terme avant qu’il ait au moins 18 mois.

Travailler « à la Pikler » c’est aussi accorder aux soins et aux repas une importance telle qu’ils doivent toujours être source de bien-être pour l’enfant. Chaque enfant accueilli doit sentir que ces moments lui appartiennent totalement et qu’il peut faire confiance à l’adulte. Les gestes doivent être toujours très doux, sans oublier auparavant d’expliquer chaque geste à l’enfant. Tout conflit avec l’adulte doit être évité.

Travailler « à la Pikler » c’est enfin faire une totale confiance à l’enfant qui a les capacités d’être le moteur de son propre développement.

Lorsque j’ai commencé à travailler de cette façon, je ne pensais pas que les résultats seraient si probants.

Je tiens à signaler en tout premier lieu qu’au point de vue acquisition des postures (station assise, marche…) il n’y a aucune différence. Les enfants que j’ai accueillis depuis deux ans ont marché à peu près au même âge que ceux que j’avais stimulés à outrance en me cassant le dos pour leur « apprendre » à faire leur premier pas. Je tiens à faire cette remarque en premier afin de rassurer les personnes qui pourraient penser que laisser faire l’enfant va provoquer un retard dans les acquisitions.

Mais la chose la plus spectaculaire je trouve, c’est que depuis deux ans, je n’ai à déplorer aucune chute, incident ou accident (je touche du bois !!!) qui auraient nécessité l’utilisation de la trousse d’urgence, si bien que je me suis aperçue par hasard que je n’avais pas racheté d’Hémoclar depuis longtemps et que celui que j’avais était périmé.

Je ne dis pas que les enfants ne tombent pas, mais ils ne se font pas mal. Comme on ne les sollicite pas, ils se lancent dans une exploration de l’espace seulement s’ils sont suffisamment sûrs d’eux.

Un exemple précis : le toboggan. Avant j’aidais les enfants à monter sur les marches, je les tenais pour ne pas qu’ils tombent. Il en résultait un stress important de ma part, car les enfants eux ne faisaient pas attention au fait que j’étais là pour les assurer ou pas. Il est donc arrivé qu’ils tombent en essayant de faire seul, un acte qu’ils n’étaient pas capables de faire. Maintenant je ne les aide plus et aucun ne s’est lancé dans l’ascension d’un toboggan si il n’était pas dans la capacité d’arriver jusqu’à bout. Bilan de l’opération Nounou n’est plus stressée et je ne vous dit pas le plaisir de l’enfant quand il arrive enfin à faire comme les copains sur le toboggan. L’aider à monter c’est le priver de ce plaisir.

Au niveau des soins, le changement de couche n’est plus vécu de ma part comme une corvée à laquelle il faut se soumettre. C’est un réel moment d’échange avec l’enfant qui très vite participe activement à son change. Il n’y a pas de pleurs, et l’enfant est serein.

Les repas en général se passent bien pour ce qui est des tout petits. Pour les plus grands, il arrive, au moment de l’apparition des « néophobies » que les repas soient un peu moins cool qu’avec un bébé mais je fais confiance à l’enfant et ce n’est donc plus une source de conflit.

Les parents sont en général satisfaits, d’autant plus que désormais, j’arrive à leur expliquer mon travail en véritable professionnelle, ce qui n’était pas forcément le cas au début. Certains parents m’ont fait remarquer que cette façon de faire donnait aux enfants le goût de l’effort et de ce fait, en faisait des êtres ouverts à la découverte et avides de connaissances.

Bien sûr, cela ne règle pas tous les problèmes (ce serait trop simple) et toutes mes réticences du début n’ont pas disparues.

Notamment j’avais peur que cette façon de faire qui fait que tout conflit avec l’adulte est évité à l’enfant ne prépare pas celui-ci à une socialisation correcte. Et il se trouve que j’ai remarqué effectivement que les enfants que j’accueille ont un peu de mal à se faire à l’ambiance de la ludothèque par exemple. Ils sont très vite affolés lorsqu’une nounou crie un peu trop fort, cherchent souvent à se rapprocher de moi et reforment souvent les binômes de la maison, plutôt que de se faire de nouveaux petits copains. Mais à vrai dire, je n’en ai jamais discuté avec les autres assistantes maternelles et peut être que cette façon de faire est commune à tous les enfants. En fait je reporte peut être sur eux mes propres angoisses et c’est à moi de faire un travail psychologique là-dessus.

Une autre chose aussi qui a son importance, travailler ainsi ne m’a pas permis de résoudre tous les conflits qui peuvent se produire entre les enfants. La jalousie, les envies de piquer le jeu du voisin, les disputes voire même les violences existent toujours. Mais là aussi, je pense que c’est à moi de travailler là-dessus. Notamment pourquoi ne pas acheter les jeux en deux exemplaires identiques afin d’éviter quelques conflits. Au lieu d’avoir 6 jeux d’encastrement différents, ne serait-il pas plus judicieux d’en n’avoir que 3 mais en double !

Je pense aussi que je dois rester vigilante et arriver à anticiper les conflits pour pouvoir, pourquoi pas, proposer une activité plus dirigée lorsque la tension monte.

Enfin pour conclure, je dirais que le bilan est quand même largement positif et mon travail beaucoup plus intéressant.

Voila pour mon ressenti. J’aimerais que vous me disiez ce que vous en pensez (enfin pour ceux qui auront eu le courage de me lire jusqu’à la fin !!!!)

mercredi 26 mai 2010

Oyez Oyez gens du Oueb !!!


Oyez Oyez gens du Oueb !!! Nounous taties et Cie débarque sur la blogosphère !! Ca faisait bien longtemps que ça me chatouillait mais le forum des nounous sur lequel je suis modératrice me prenait pas mal de temps et d’énergie et j’avais peur que ça fasse un peu doublon !!

Mais voila que depuis quelques temps, le forum périclite. Beaucoup de visites mais peu de participation (allez comprendre !!!), nous ne sommes plus qu’une petite poignée à l’alimenter et à proposer des sujets. Le but d’un forum étant à mon sens le partage (équitable si possible) je ne vois plus trop l’intérêt de continuer sur cette voie. Je me lance donc dans cette nouvelle aventure qui sera je l’espère un complément du site principal et où je vous exposerai mon quotidien et ma manière d’appréhender mon travail de la même façon que je le faisais sur le forum.

Je ne vais pas me lancer dans une analyse du déclin du forum des nounous. Les raisons de celui-ci sont sans doute multiples. Ma propre lassitude en est l’une des causes. Il faut dire que j’ai bien conscience de ne pas représenter l’assistante maternelle type et que mes goûts et mes aspirations professionnelles ne sont sûrement pas le reflet de la majorité de mes collègues. Ajoutez à cela le fait que je n’ai pas de don particulier pour exprimer ma compassion, que j’ai du mal à m’intéresser au serviettage ou au scrapbooking et peu d’enclin à parler météorologie, ça vous fait une modératrice pas toujours motivée !

Que va devenir le forum du coup vous allez me dire, (là : il s’agit d’un petit aparté spécial Membres du forum qui passeraient par ici !) et bien je ne sais pas. Peut être la motivation reviendra-t-elle un jour, peut être que je le laisserai dépérir et mourir de sa belle mort. Une troisième solution envisageable serait de laisser la main à d’autres personnes plus motivées que moi : du sang neuf quoi. On verra !

En attendant gens du Oueb, me voila dans la blogosphère. Si vous me suivez déjà sur le forum, vous savez qu’on va parler Pikler, Montessori, professionnalisation, bientraitance, écologie, lecture……. et j’en passe.

Les premiers articles seront très certainement des « copier-coller-remanier » de posts du forum : La raison ? Je pense tout d’abord que certains ont été noyés dans la masse des messages (en 5 ans il y en a eu beaucoup) et sont donc passés inaperçus ; mais aussi et surtout parce que (je suis une grosse feignasse) j’ai conscience que pour vous intéresser et vous inciter à revenir il faut qu’il y ait assez rapidement du contenu et de surcroît du contenu significatif par rapport à la suite de ce projet. Et comme j’ai, par ailleurs, une vie comme tout le monde (si si, je suis une vraie dame avec une vraie vie et des vrais gnomes à gérer) je ne voudrais quand même pas y passer mes nuits.

Voila, ce sera tout pour aujourd’hui. A bientôt j’espère.